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Pourquoi passer aux serviettes hygiéniques lavables?

Par celine , le 27 avril 2021 , mis à jour le 28 avril 2021 — 9 minutes de lecture

Que ce soit sous forme de serviettes ou tampons, une femme utilise environ 10 000 protections périodiques dans sa vie. Mais vous êtes vous déjà demandé de quoi étaient composées vos protections hygiéniques jetables?

Image par burin kul de Pixabay

Viscose + Chlore = Attention aux dégâts!

Les serviettes et tampons sont majoritairement constitués de viscose, une fibre synthétique fabriquée à partir de pulpe de bois (hêtre, épicéas). Jusqu’ici tout va bien… Sauf que la viscose, comme le bois, à la base, c’est brun. Mais alors pourquoi nos protections hygiéniques sont elles d’un blanc immaculé? (ou bleu, comme sur la photo ci dessus)

Parce que les fabricants, à qui le brun ne plaisait pas, ont eu la merveilleuse idée de blanchir la viscose au chlore. Mais ce qu’ils ont oublié (ou pas…) c’est que quand ils entrent en contact, la viscose et le chlore produisent de la dioxine, une substance hautement toxique, “l’une des substances synthétiques les plus toxiques jamais étudiée » selon Greenpeace.

Les muqueuses vulvaire et vaginales sont très absorbantes, elles font leur donc travail et absorbent cette dioxine, que notre corps n’est absolument pas en mesure d’évacuer, et qui s’accumule dans notre organisme au fil des ans. Provoquant au passage les fameuses mycoses, aggravant l’endométriose, augmentant les risques de fausses couches et provoquant des problèmes de fertilité, des cancers… et comme si ça ne suffisait pas…

Glyphosate, phtalates, aluminium, hydrocarbures, et j’en passe…

A part pour le glyphosate (il faut bien traiter les arbres qui servent à produire la viscose.) , je ne sais pas trop comment se sont retrouvés là tous ces perturbateurs endocriniens, perturbateurs du système immunitaire, allergènes et substances cancérigènes. Le fait est qu’ils ont été retrouvés dans nos protections périodiques.

Mais comment est ce possible que ces réservoirs à produits chimiques soient autorisés à la vente? Tout simplement parce que les taux autorisés par les autorités sanitaires ne sont pas dépassés, ils n’ont pas été pensés pour des produits au contact fréquent et prolongé avec les muqueuses vulvaires et vaginales, qui sont très perméables. De plus, rien n’oblige les fabricants à mentionner les composants de leurs protections périodiques, nous achetons donc à l’aveuglette, en pensant que de toute façon, on n’a pas le choix, mais c’est faux!

Des solutions existent, les serviettes hygiéniques lavables.

J’entends ou je lis parfois « beurk, des serviettes hygiéniques lavables, c’est dégoutant! ». Au début, pour être honnête, ça m’énervait de lire ou d’entendre ça. En fait je me suis rendue compte que la plupart de celles que ça écoeure ne savent pas de quoi est constituée leur protection hygiénique. Nous vivons aussi dans une société où les règles sont considérées comme une quelque chose de sale, qui doit passer inaperçu. Alors forcément, certaines femmes ayant bien assimilé ça, en arrivent à être dégoûtées par leur propre sang.

Photo par Céline, de Mission Zéro Déchet.

Et pourtant, les SHL (Serviettes Hygiéniques Lavables) n’ont que des avantages.

  • Elles sont bien plus absorbantes que les jetables. Je vous invite, ici à visionner une vidéo où je verse un verre d’eau sur une SHL, on peut se rendre compte de leur capacité d’absorption assez impressionnante. Elles tiennent sans broncher une nuit entière, même avec des règles hémorragiques.
  • Le tissus imprimé est en PUL (polyuréthane laminé), un tissus imperméable respirant. Donc zéro fuites, et pas de sensation d’humidité désagréable comme avec les jetables. Et comme elles sont respirantes, elles ne macèrent pas comme les jetables, il n’y a donc pas d’odeur.
  • Elles sont très économiques. Quand on compte une vingtaine de serviette jetable par cycle, le coût de revient est en moyenne de 5€ par mois (ça peut facilement être plus en fonction de la marque). 5€ c’est le prix d’une serviette flux normal à abondant, et le lot de 7 que je propose est à 30€, autrement dit en 6 mois vos serviettes sont amorties, et elles peuvent durer 5 ans.
  • Elles sont saines. Pas de chlore, pas de dioxine, pas de glyphosate, hydrocarbures etc. donc finies les mycoses, irritations, les risques d’infertilité, l’aggravation de l’endométriose etc.
  • Elles sont confortables. 2 clips sur un des côtés permettent de régler le serrage autour de votre sous vêtement, donc elles ne bougent pas. Le tissus absorbant est en fibre de bambou charcoal (carbone de bambou), doux, absorbant et antibactérien.
  • Elles sont pratiques. Si vous n’avez pas le temps de la rincer directement après usage, ou que vous n’êtes pas au bon endroit pour le faire, vous pouvez la plier sur elle même (démonstration ici) et la ranger dans votre sac en attendant.
  • Et je garde le meilleur pour la fin (on est quand même sur un site de zéro déchet!) La SHL est respectueuse de l’environnement. Quand on sait qu’on jette 20 serviettes ou tampons à chaque cycle, et que les serviettes lavables ont une durée de vie d’environ 5 ans, on évite à la planète la fabrication et la gestion des déchets de 1200 serviettes/tampons.

Mon avis sur la question:

Avantages: Ecologiques, économiques, pratiques, confortables, hyper absorbantes, on peut dormir sur ses 2 oreilles la nuit parce qu’il n’y a pas de fuites, pas ou peu d’odeurs, on ne les voit pas sous les vêtements. Je rajouterai qu’elle existe en plusieurs taille en fonction de votre flux,

Inconvénients: Il faut prendre 2 minutes pour la rincer après usage, à l’eau froide seule ou avec un savon sans glycérine (savon de marseille vert par exemple). On ne peut pas porter de string pendant les règles avec une SHL.

Mais qu’en est-il de la cup pour remplacer les tampons?

Image par PatriciaMoraleda de Pixabay

La cup, pour la journée, l’été au bord de la piscine, c’est le top du top! On en oublie qu’on a ses règles, on ne la sent pas, c’est absolument génial. C’est encore plus économique et écologique que les SHL, puisqu’elle a une durée de vie de 10 ans. Mais elle a quand même quelques inconvénients au goût des gynécologues.

  • Le risque de syndrome du choc toxique. On en entend parler depuis quelques années, il concerne les utilisatrices de tampons… et de cup! Le problème, c’est que le sang des règles n’est pas censé stagner dans le vagin, où il développe des bactéries, notamment S. aureus, une souche particulière de staphylocoque doré. 4% des femmes sont porteuses naturellement de cette bactérie, et une femme sur 10 parmi ces 4% ne dispose d’aucun anticorps pour l’éliminer. Ce 0,4% a donc des chances de développer une infection généralisée (syndrome du choc toxique) qui se traduit par de la fièvre, des vomissements, diarrhée, et s’il n’est pas pris en charge à temps, amputations voire la mort. Il est donc fortement recommandé de vider sa cup toutes les 4h maximum. Du coup la nuit, ou au travail, c’est assez compliqué.
  • Elle est déconseillée aux porteuses de stérilet. En effet, en retirant la cup, elle peut tirer sur le fil du stérilet s’il est un peu long, et le faire bouger, idem avec l’effet ventouse de la cup. Pour éviter cet effet ventouse, il est conseillé de pincer la cup avant de la retirer pour faire un appel d’air. On se retrouve donc avec du sang plein la main, très peu pratique au travail et/ou dans des toilettes ou le lave main est à l’extérieur.
  • Pour les vierges il est conseillé de prendre un petit modèle. Mais pour les vierges qui ont un flux abondant on peut se demander si c’est très pratique.

Bref, vous l’aurez compris, la cup c’est bien, mais ce n’est pas pour tout le monde, et ce n’est surtout pas pour la nuit. Quoi qu’il en soit, si vous choisissez ce mode de protection, la règle ultime à respecter, c’est de la vider au maximum toutes les 4 heures, il en va de votre sécurité.

Mon avis sur la question:

Avantages: Ecologique, économique, confortable, différentes tailles en fonction de votre flux, on oublie qu’on a ses règles et on peut se baigner l’été qu’elle que soit la période du mois.

Inconvénients: Non adaptée pour la nuit, pas très pratique à vider quand on n’est pas chez soi (on a forcément du sang sur les mains, puis il faut la rincer entre deux usages), non adaptée aux vierges. Risque de déplacer votre stérilet si vous en portez un.

Et les culottes menstruelles dans tout ça?

Alors, j’ai aussi testé les culottes menstruelles et je n’ai franchement pas été conquise (mais alors pas du tout). Pour les petits flux ça doit être pas mal, parce qu’on ne porte qu’une culotte fine, donc pour faire du sport par exemple, c’est pratique puisque ça ne bouge pas. Mais alors si vous avez un flux abondant, ça n’a aucun intérêt. C’est parfaitement étanche, mais ça n’absorbe presque pas. Je vous laisse imaginer la sensation de « baigner dans son sang », c’est très désagréable. Et puis enlever son pantalon pour pouvoir changer sa culotte au milieu de la journée, le tout en essayant de ne pas se mettre du sang partout sur les jambes, merci, mais non merci.

En résumé donc, si vous avez un flux peu abondant, pourquoi pas, c’est peut être LA protection qui vous conviendra. Mais si vous avez un flux abondant ou plus, cherchez une vraie protection périodique 😉

Conclusion

Si vous avez tenu jusqu’ici, je vous remercie et vous félicite. Vous l’aurez compris, la grande gagnante de ce comparatif, c’est la serviette hygiénique lavable. Elle s’adapte à tous les flux, tous les âges et toutes les situations. Elle est très facile à nettoyer, saine pour votre corps et respectueuse de l’environnement. En ce qui me concerne, je garde ma cup pour les journées piscine, ma culotte pour le tout dernier jour de mes règles, et mes serviettes pour le reste de l’année.

celine

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